Hameaux et domaines
Quilhanet
Route de Quilhanet, 11200 Bizanet
Coordonnées GPS : 43°08’53.4″N 2°53’26.7″E
Le Domaine de Quilhanet représente mal aujourd’hui ce qu’il fût. Il faudrait pour apprécier son étendue rajouter les terres de St Julien, St Henri et Auris. On y trouve des traces de villas romaines, adossées aux collines ombragées, à proximité des sources.
Les commissaires de Charlemagne signalent la villa de Quilianum parmi les possessions de l’archevêque de Narbonne en 782.
Dès le XIème siècle, la paroisse de St Julien existe sur le territoire du Hameau de Quilhanet. En 1123, l’archevêque donne le « château de Quillan en la Corbière » à Bernard-Hugues à titre de fief à perpétuité, sous condition d’un hommage. Comme la plupart des domaines qui avoisinent l’abbaye de Fontfroide, le lieu est fortifié et entouré de jardins, d’arbres fruitiers, de champs et de vignes.
Au XVIème siècle, le hameau est en ruines avec son ancien château, des bergeries, sa chapelle du siècle précédent. La terre de Quilhanet va servir surtout aux troupeaux. Les familles Vital de Castres, de Neveys, de Calvisson rendent hommage à l’archevêque tout au long des siècles. En 1727, un héritier, originaire d’Arles, s’intéresse à la propriété. Dans un livre des comptes parfaitement conservé à Arles, il décrit ses diverses démarches pour mettre en valeur le domaine.
Le territoire de Quilhanet comprenait, à la Révolution, 100 hectares de terres labourables, dont 3 hectares en vignes. Sur l’ordre de Madame de Condorcet, le château et les terres sont vendus à Mr Noël Daru. C’est ainsi que Quilhanet aura, sous l’Empire, un propriétaire de marque, le Comte Pierre Daru, ministre de l’administration de la Guerre de Napoléon 1er. Il fera deux courts séjours à Quilhanet. La bâtisse actuelle de Quilhanet a été construite au cours du XIXème siècle.
Chapelle de Quilhanet
Cette petite chapelle rurale est tellement perdue au milieu qu’elle est sortie de l’oubli lorsque le maître des lieux la dégagea de tout un fatras de cloisons qui la cachaient aux yeux des archéologues.
La nef, d’excellentes proportions, 12 mètres de long, 6 de large et 6 de haut est divisée en quatre travées inégales par des doubleaux portant une voûte en berceau brisé. Le chœur ne se distingue de la nef que par une marche et une petite fenêtre à lancette. La nef est éclairée au Sud par trois fenêtres en plein centre.
Saint-Amans
Accès par la D224
Coordonnées GPS : 43°10’22.4″N 2°51’33.4″E
Le Domaine de St Amans doit son origine à une situation privilégiée, à l’abondance des eaux, à une terre riche que surent apprécier les romains. On trouvait là un domaine dont la possession revint à Arnuste, archevêque de Narbonne. Ce dernier donna à l’abbé de St Paul les églises de St Amans et de St Baudile.
Pour augmenter le territoire du prieuré, le vicomte de Narbonne donne à l’abbé de St Paul en 1195, une partie du lieu de St Amans. La métairie devient alors une seigneurie ecclésiastique.
Sous l’église se trouvait une crypte renfermant les reliques de quatre saints qui auraient souffert le martyre au lieu de Caunes, durant une persécution décidée sous Dioclétien.
En 1623, le seigneur du lieu Jean de Trégoin rencontra l’archevêque de Narbonne et l’abbé de St Paul pour reconstruire l’église du lieu. Mais l’éloignement des bâtiments et les difficultés de transport allaient empêcher la réalisation du projet. En 1644, la famille de Trégoin vend la seigneurie à Anne de Chambert, seigneur de Bizanet.
La partie la plus ancienne du prieuré est la crypte. Elle renferme un pilier du Moyen-Âge et un bénitier en pierre bien visibles. La façade imposante par ses proportions, ses fenêtres à demi-masquées par la végétation, ses contreforts font la curiosité des gens de passage sur la route d’Ornaisons.
Le prieuré est un délicieux endroit dans lequel la fraîcheur des sources, la verdeur des lauriers, la beauté des pierres attirent ceux qui recherchent le calme et apprécient les vestiges du passé.
Saint-Martin-de-Toques
Accès par la D613
Coordonnées GPS : 43°10’22.4″N 2°51’33.4″E
Construit à l’époque féodale, le Château de St Martin de Toques devait servir à protéger la route qui conduit de la vicomté de Narbonne aux Corbières.
Dès 978, St Martin apparaît en tant que château fort. Il appartient à la vicomtesse Adélaïde de Narbonne.
Tout au long du Moyen-Âge on le découvre dans de nombreux textes, toujours sous la dépendance des vicomtes de Narbonne. La chapelle, mentionnée seulement en 1360, semble avoir une origine plus ancienne. La cour dont l’arc est légèrement outrepassé rappelle les constructions cisterciennes des XIème et XIIème siècles.
Rapidement le château dut avoir un cercle de maisons dans les environs, sur les flancs de la colline. Si l’on peut considérer les murs du nord-est comme témoignages de l’époque médiévale (tour octogonale et ronde, chapelle), on peut penser que le reste du château a subi des modifications profondes au cours de la Renaissance (logements, salle des gardes, entrée). Cette rénovation correspond à l’arrivée de seigneurs importants : les familles milanaises d’Alezio et Castiglione, qui s’installent dans le pays Narbonnais à la suite du Cardinal de Ferrare, alors abbé de Fontfroide.
En 1709, six foyers existaient à St Martin en dehors du château. À la révolution, la paroisse sera supprimée. Au XVIIIème siècle, le château semble avoir été abandonné comme lieu de résidence ; ses propriétaires habitent Narbonne et une demeure modeste est édifiée au pied de la montagne. Tas de ruines imposant, il fut racheté et restauré, dès 1990. Il est aujourd’hui une demeure privée.